Envie de retourner en haut?

L’écoeurantite aiguë

F*cking Rainbow - img

Je dois l’avouer, je n’étais pas prêt mentalement à demeurer dans cette crise si longtemps….
J’ai dû prendre sur moi et faire des efforts indescriptibles pour demeurer fonctionnel et surtout en vie.

Car la veille du premier confinement “ma douce moitié” est partie avec notre plus jeune, laissant ma voiture dans une épicerie….
J’étais en dépression majeure depuis un peu plus d’un an, avec de vilaines crises d’anxiété et attaques de panique. “MA” famille était mon repère, ma motivation à prendre le dessus sur tout ce qui me rongeais depuis…plus de 20 ans…

Donc, ma dépression majeure a elle aussi tombée en dépression, j’étais perdu et anéanti.
Alors le lendemain avec l’annonce du confinement, seul dans un trop grand 5½ dans RosePat, j’attendais anxieusement l’arrivée de mon plus vieux (d’une précédente relation)…pour lui expliquer, l’inexplicable…plus d’école, plus d’amis, isolés dans cet appartement de merde…sans petit frère, sans affection…sans sourire….
Mon plus vieux avait alors 7 ans….et n’avait jamais vu son “papa” pleuré auparavant, car j’étais le good guy dans une enveloppe de bad guy qui avait tellement vécu de trucs dans sa vie, que je ne ressentais plus les émotions…les sentiments…un peu comme un sociopathe, mais sans l’être…

J’avais atteint mon point de rupture…mélancolie, tristesse, stress, dégoût, anxiété, panique…perte de repère….j’ai eu l’impression que la terre cessait de tourner et que mon univers venait de m’écraser complètement. Fiston ne sachant pas trop comment “dealer” avec un papa dans cet état et chamboulé par les larmes ruisselantes sur mon visage m’a alors demandé de retourner chez sa mère….

J’ai donc autorisé mon fils à y aller, bien que c’est moi qui avait “sa garde”…mais je ne cessais de me rappeler que …si mon système nerveux tombait plus bas, papa ne pourrait plus être là mentalement pour s’en occuper. Il a bien fait de me le demander car effectivement, ça n’allait pas pantoute mon affaire!

10 minutes après son départ, j’ai commencé à dessiner un foutu arc-en-ciel dans la fenêtre de ce qui était le “salon familial”…rempli de mélancolie, d’incompréhension, d’amertumes en grignottant affectueusement mes prescriptions…en souhaitant simplement que tout ce termine là…comme ça…car j’étais complètement anéanti.

l’arc-en-ciel du désespoir

Mais bon, la vie n’a pas voulue et voulait encore une fois me voir en arracher encore plus! Dans ma vie, j’ai appris que rien n’est jamais simple, que les “shortcuts” n’existent pas et qu’il m’est simplement impossible de fuir.

“Fonce et plonge à fond mon grand”…

Je dois l’avouer, rien n’était facile…gérer ma dépression, mes paniques, mon anxiété, mon garçon, la séparation, mon instable stabilité, la perte de mes repères, un futur déménagement, le confinement, l’isolement, de dealer avec aucun cercle social, mes idées suicidaires, le manque de la personne qui m’épaulait et de ce petit mignon garçon parti avec elle…

J’ai dû prendre sur moi, principalement pour mon grand, pour le petit…mais au départ je ne l’avais pas fait pour moi-même, car à mes yeux, j’ai toujours été un tas de marde.
J’ai appris à fonctionner différemment, à démonter des barrières, à m’aimer un peu plus, à accepter ma nouvelle situation, à donner le meilleur à mon plus grand qui habite avec moi, à ventiler et chercher de l’aide!

Entretemps, j’ai appris subtilement que celle qui était “jadis” ma douce moitié et maman de mon plus jeune, ne m’avait jamais aimé….en fait…elle n’avait jamais connu une personne lui donnant autant d’importance, d’attentions, donc durant des années elle appréciait cela….mais sans jamais m’aimer pour la personne que j’étais…nous conviendrons que ma dépression “majeure” l’a privé le beaucoup de ses petites attentions et c’est peut-être ce qui a fait en sorte qu’elle m’a démontré sa franchise en quittant ainsi le domicile.
Ce fût une putain de claque que j’ai mangé, car la personne que j’aimais m’a avouée entre les lignes avoir été amoureuse des attentions et le flafla plutôt que de la personne que je suis…
Avouons, que ce n’est rien pour aider à s’aimer, de préserver sa confiance en soi….quand au final vous vous sentez encore plus comme un beau gros tas de marde.

Chronologie de ma descente en enfer

J’ai fermé mon entreprise en 2017 par épuisement, sans savoir que j’étais en dépression pour me concentrer sur ce qui était le combat de ma vie soit protéger mon fils (le plus vieux) et d’en avoir la garde complète. Ce combat à pris toute la place dans ma vie de 2017 jusqu’au 21 septembre dernier, il s’est terminé rapidement (bon ok…après 3 ans de procédure de 5 remises) suite à un procès.
Je m’auto-représentais face à l’avocate de madame et en 3 ans de préparation, je me sentais fin prêt! Prêt de pouvoir enfin tourner la page de cette histoire, tirer un trait et repartir la conscience tranquille en croyant avoir presque tout perdu à cause de ce combat de titan.

Préparation pour le procès – liste des pièces

Début du mois de mars 2020, l’actualité faisait état d’un virus qui prenait de plus en plus de place. À ce moment là mon pattern d’hyperanalyse a commencé à travailler fort et tout prévoir dans l’unique but de protéger ce que j’avais de plus précieux “ma famille”. Moi qui n’avait aucune motivation, je reprenais goût à me battre, à faire de mon mieux, à protéger les miens. Et finalement…le 15 mars 2020 ma conjointe et mon plus jeune fils sont parti dans leurs cercle social. Cette journée-là pendant leur absence, je m’étais donné à fond.
Le ménage complet de l’appartement, préparer un souper pour leur retour, m’assurer que tout était “parfait”. Mais…vers 16 h elle m’avait appeler en me disant :
Écoute…c’est fini, moi je ne suis plus capable. Je te quitte et je quitte l’appartement. Ta voiture est à l’épicerie Maxi sur la rue Masson et nous n’y sommes plus“.
Le lendemain le gouvernement annonçait le confinement….

Et bref…comme toujours une épreuve n’attends pas l’autre: séparation, confinement, procès terminé, maintenant un semblant de reconfinement…

Non mais….est-ce que je peux juste vivre un moment donné???
Cela fait maintenant près de 7 mois que je n’ai pas parlé d’adulte à adulte (en dehors d’un programme de retour en emploi)…7 mois que le seul mode que j’ai est le mode “Papa”.
Je n’ai pas de cercle d’amis, pas de cercle social…
Et même si je me force et que je fais mon possible pour tenter de tisser des liens, d’avoir des discussions, d’avoir des amis….le constat demeure le même…seul et solitaire par procuration.

Oui cette salope de Covid-19 n’aide aucunement les gens comme moi à établir des contacts avec les gens…Au début de l’été je souhaitais juste pouvoir faire des activités avec une personne.
Partir en roadtrip à direction de nowhere (cela fait depuis 2016 que je n’ai pas fait ça), faire des randonnées, profiter minimalement de la vie pendant qu’on le pouvait….au final, je n’aurai absolument rien fait. Car ce mode solo, me crée un mal incroyable. Car j’avais fait le choix de développer des liens, de m’aider, de socialiser, reprendre goût à la vie en faisant des activités qui me plaisait avec une personne capable de parler d’autre chose que de “Fortnite”, Légo et de jouets…

J’ai travaillé fort pour rester vivant, j’ai souhaité et espéré que la vie cette fois m’offre un sourire, la présence d’une personne avec qui j’aurai des affinités et pour qui j’aurai la chance de compter réellement et non pas “juste” pour l’attention et le souci du détail que j’aurais pu lui accorder. Comme tout dépressif, j’ai des UPs and DOWNs…que je gère généralement bien, car j’ai eu en masse de temps avec “moi-même” afin de plonger dans mes peurs et m’en désensibiliser. J’ai progressé, je me suis assagi, j’ai souhaité, j’ai voulu…mais je n’ai pas su vaincre!

Cela fait maintenant presque 5 semaines que j’ai un mal de vivre incroyable…que je me sens seul et incompris par les autres. Je n’ai actuellement plus envie de rien…car de tout faire seul pour moi, maintenant, ne rime plus à rien. Et ça m’effraie, car…la dureté que j’ai eu durant 20 ans risque de se réinstaller en moi progressivement…car je ne suis pas heureux, je n’ai plus envie de vivre cette vie (sans être suicidaire), car elle est monotone, emmerdante et me pousse encore une fois dans le cercle vicieux de l’isolement, du repliement, d’abstraction aux émotions et ressentis. Bref la vie telle qu’elle est me fait chier!

De constater à l’aube de la quarantaine que vous semblez être une personne sans intérêt pour personne est une pilule difficile à avalée. De voir qu’après près de 7 mois personne ne s’est permis d’entrer dans votre vie, de prendre de vos nouvelles, d’entamer une discussion ou encore de m’inviter pour faire une activité…c’est rough…rough en criss.

Je fais actuellement abstraction de ma narrative intérieure qui me répète sans cesse que j’ai raté ma vie, d’imager être un jour une vraie famille est maintenant un fantasme, que l’anxiété et la dépression m’ont changé physiquement pour le pire, que personne n’a et n’aura d’intérêt pour une homme comme moi qui est sans attraits, ni atouts, juste magané par cette misérable vie de merde.

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Mario Maranda
https://www.mariomaranda.com
Papa de deux, ancien entrepreneur, asocial par procuration. je recherche maintenant une douce confrontation afin de me commettre à me laisser aller et vivre socialement avec vous (si le chapeau te fait tant mieux pour nous!!!) On gagne à connaître celui que je suis maintenant :) Et je ne regrette pas celui que j'étais avant!